Mode éphémère : pourquoi j’ai arrêté d’acheter chez H&M, Zara et Mango ?

Avant, quand je voulais acheter un vêtement, je faisais principalement attention au prix et au style. Je marchais au coup de cœur et suivais les tendances mode sans vraiment réfléchir aux conséquences de mes achats.

Mais ça, c’était avant.

Avant que je comprenne ce qui se cache réellement derrière les robes à 20€. Avant que je me renseigne sur la mode éphémère (ou fast-fashion en anglais) et son impact négatif sur l’environnement, la société et la santé.

Depuis, j’ai choisi de consommer différemment, car en tant que consommatrice je peux choisir de faire partie du problème ou de la solution.

Dans cet article, je vous propose de découvrir comment des marques de mode comme Zara, H&M, Forever21, Topshop, Mango et bien d’autres mettent en danger l’environnement et la vie de millions de personnes pour s’en mettre toujours plus plein les poches.

C’est quoi la « mode éphémère » ?

En gros, la mode éphémère (ou « fast fashion » en anglais) c’est la production rapide et en grandes quantités de vêtements bon marché.

Zara, H&M, Forever21 et consorts s’inspirent (lire copient) des dernières tendances vues sur les défilés, célébrités et petits créateurs pour produire des vêtements de moins bonne qualité à des prix toujours plus compétitifs. Mais attention ce n’est pas parce que les marques de luxe de type Chanel, Louis Vuitton ou Dior ne font pas de la fast fasion que c’est génial pour la planète.

Il y a encore 10 ans, si vous vous souvenez, il n’y avait que 2 saisons « mode » par an : Printemps/Été et Automne/Hiver.

Depuis, la situation a bien changé.

Si vous vous rendez dans un magasin aujourd’hui et que vous y retournez dans une semaine, vous constaterez que de nombreux produits ont disparu pour faire place à la nouvelle collection. Ce manège recommence chaque semaine.

La publicité et le marketing nous font croire que nos « vieux » vêtements sont démodés et nous maintiennent dans une frénésie d’achat avec des soldes et promotions toute l’année. Ce n’est pas très très agaçant de se dire qu’ils nous prennent pour des pommes ?

Faut bien comprendre que leur objectif n’est pas de fabriquer des produits durables. Non, non ce que veulent les grosses entreprises c’est vendre plus pour augmenter les bénéfices et rendre leurs actionnaires heureux. Alors, on mise sur la quantité et la productivité, pas sur la qualité et l’écologie.

L’environnement, votre bien-être et celui de la couturière qui a fabriqué le vêtement, les marques en ont rien à faire. Elles veulent juste que vous achetiez et pour ça, elles cassent les prix, mais à quel prix justement ?

Un cri à l’aide cousu sur l’étiquette d’une robe © Rebecca Gallagher

Made in Bangladesh : le coût humain de la mode éphémère

Les prix des vêtements ont baissé parce que la façon dont ils sont fabriqués a radicalement changé.

97% des vêtements sont fabriqués dans des pays en voie de développement (Bangladesh, Chine, Thaïlande…) où les ouvriers sont contraints de travailler de longueurs heures dans des conditions dangereuses pour un salaire dérisoire.

Les grosses entreprises de l’industrie textile travaillent avec les ateliers d’exploitation qui “acceptent” de négocier les coûts de production au plus bas. Qui dit « coûts bas », dit « salaires misérables et conditions de travail épouvantables pour les ouvriers ». Ou plutôt pour les ouvrières, car la mode est le premier employeur de femmes dans le monde.

Un employeur peu scrupuleux qui ferme les yeux sur le harcèlement sexuel et le travail des enfants, refuse le droit au congé maternité, interdit la création de syndicats et contraint ses employés à travailler dans des immeubles dangereux et au contact de produits chimiques nocifs. Tout ça pour des cacahuètes.

🏢 Vous vous souvenez de la tragédie du Rana Plaza au Bangladesh ? Une usine textile de 8 étages qui s’est effondré tuant plus de mille personnes, des ouvriers qui ne gagnaient pas plus de 2 euros par jour. L’année qui a suivi cette catastrophe fut la plus rentable de tous les temps pour l’industrie textile…

Voilà à quel prix H&M et ses copains de jeu peuvent vendre des t-shirts à 5€.

Mais ce n’est pas tout, l’industrie textile est aussi une catastrophe pour l’environnement. Oui, parce que bon protéger la nature, préserver la biodiversité et sauver nos océans, c’est pas important hein ?

La mode éphémère est une catastrophe écologique

Des molécules chimiques nocives pour la santé et l’environnement

Est-ce que vous savez que la plupart des vêtements vendus par les grosses entreprises sont imbibés de produits chimiques dangereux pour la santé et l’environnement ?

Peut-être qu’en ce moment-même, vous avez contre la peau – le plus grand organe du corps humaine – des pesticides ou herbicides qui ont servi à fabriquer les habits que vous portez. Ces molécules chimiques peuvent provoquer des irritations et allergies, et perturber l’organisme de façons dont nous n’avons pas encore pleinement idée.

En plus, le polyester et le coton qui composent la majorité des vêtements ne sont pas biodégradables.

Lorsque les vêtements sont lavés, enterrés dans les décharges ou incinérés, des produits chimiques vont être libérés dans la nature, et polluer les écosystèmes environnants et les océans.

Une mode jetable qui pollue l’environnement

Trop de vêtements sont fabriqués, plus que nous n’en aurions jamais besoin.

Avec les prix toujours plus bas, la durée de vie raccourcie des produits et les nouvelles collections qui démodent les précédentes en un clin d’œil, il n’y a jamais eu autant de vêtements jetés à la poubelle.

Chaque année, 5,8 millions de tonnes de tissu sont jetés en Europe, mais seulement 25% sont recyclés. Le reste est enterré ou brûlé, ce qui a des conséquences dramatiques sur l’environnement :

  • Les déchets textiles enterrés en décharge prennent de la place et contaminent le sol des produits chimiques qu’ils contiennent.
  • Tandis que ceux incinérés dégagent des gaz à effet de serre qui contribuent au réchauffement climatique.

La question de la gestion des déchets textiles n’est pas le seul problème pour l’écologie.

La mode est la 2ᵉ industrie industrie la plus polluante au monde après le pétrole avec une pléthore de produits chimiques et d’eau utilisés pour traiter, teindre et même faire pousser les textiles utilisés pour la confection des vêtements.

🌍 2720 litres d’eau sont nécessaires pour fabriquer un t-shirt soit la même quantité d’eau qu’une personne a besoin de boire pendant 3 ans.

Lorsque les vêtements en polyester (fibre la plus populaire de la fast-fashion) sont lavés dans des machines à laver, ils produisent des microfibres qui contribuent à l'augmentation des niveaux de plastique dans nos océans.
Lorsque les vêtements en polyester (fibre la plus populaire de la fast-fashion) sont lavés dans des machines à laver, ils produisent des microfibres qui contribuent à l’augmentation des niveaux de plastique dans nos océans. – Photo by Ishan @seefromthesky on Unsplash

Une course utopique vers le bonheur ?

Des études psychologiques ont prouvé que plus nous sommes focalisés sur des valeurs matérialistes (les vêtements et possessions en tout genre, l’image et le statut social que cela renvoie), moins nous sommes heureux.

C’est pourtant ce que les publicités et le marketing essaient de nous suggérer : « Ce produit va résoudre tes problèmes et te rendre heureuxse ».

Bien sûr, c’est un mensonge, mais la manipulation de la publicité est puissante. Alors, on continue à acheter.

Et puis, il y a le regard des autres et l’illusion du statut social : « Si je m’habille de cette façon, je vais donner l’impression d’être quelqu’un d’important / compétent / puissant. », « Qu’est-ce que les gens vont penser si je sors habillé⋅e comme ça ? », « Je ne peux pas me montrer avec ce truc complètement démodé. ».

Il faut apprendre à se libérer du regard des autres et de la pression exercée par la société et la publicité. Ce que vous possédez ne définit pas qui vous êtes.

L’illusion d’économiser de l’argent

Quand je pense à tout l’argent que j’ai pu dépenser dans des fringues “cheapouilles” que j’ai peut-être portées deux ou trois fois, ça me rend malade.

Même d’un point de vue mathématique, ça n’avait aucun sens. OK, j’avais plein de robes mignonnettes pas chères à l’unité. Mais, si j’additionne tous ces achats compulsifs, cela fait une jolie somme que j’aurais pu investir sur des alternatives éthiques, durable et tout aussi jolies.

Il paraît en plus qu’on ne porte réellement que 10% de sa garde-robe, le reste prend la poussière dans les placards. Ça fait réfléchir non ?

Surtout quand on connaît les conséquences pour l’environnement et les « petites mains » qui fabriquent ces vêtements. L’argent que je crois économiser en achetant une robe moins chère, c’est des moyens en moins pour payer convenablement les travailleurs, utiliser des tissus de qualité et sains, et respecter la nature.

Maintenant, je préfère acheter d’occasion ou moins mais mieux. Au lieu d’acheter trois pulls à 20€ chacun, je privilégie un pull plus cher mais durable, en meilleure qualité, issu d’une marque éthique ou achetée d’occasion.

L’ironie de l’histoire, c’est que certaines marques de fast fashion pratiquent des tarifs similaires voire plus élevés que des entreprises engagées pour une mode éthique. Comme quoi, consommer de manière responsable et s’engager pour un monde meilleur ne veut pas forcément dire dépenser plus.

Les petits ruisseaux font les grandes rivières

Je le disais en début d’article ; j’ai décidé de consommer autrement, car je suis convaincue que chacun d’entre nous peut faire sa part et aider à changer les choses. Nous faisons partie du problème, nous pouvons faire partie de la solution.

À mon échelle, j’étais responsable de l’essor et de l’impact négatif de la fast fashion. Choisir de ne plus acheter chez Mango, Zara, H&M et Cie contribue à changer la situation.

Vous aussi, vous avez ce grand pouvoir entre vos mains.

Vous n’avez peut-être pas l’impression d’avoir une influence directe en achetant un produit d’une marque éthique, mais l’impact que vous créez est plus global. C’est un message fort que vous choisissez d’envoyer.

Qu’est-ce qui se passerait pour ces grosses entreprises si 5%, 10% ou 20% des consommateurs arrêtaient d’acheter leurs produits ?

Les choses ont déjà commencé à bouger.

🎬 Je recommande chaudement le documentaire The True Cost (disponible sur Netflix) qui se penche sur la demande croissante pour des vêtements bon marché et les conditions de vie effroyables des gens qui les fabriquent.

J’espère que cet article vous donnera des pistes de réflexions constructives et envie de repenser votre façon de consommer la mode. Je sais que ce n’est pas toujours facile de se lancer, alors dans un prochain article je traiterai des alternatives et solutions possibles pour encourager une consommation de la mode plus éthique.

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Auteure : Julie Mirande

Bonjour, je suis créatrice de contenu digital et convaincue que le numérique peut servir le bien commun et contribuer à changer le monde.Ici, je distille des ondes positives et bienveillantes pour apprendre à préserver la planète, construire un monde meilleur à son échelle et vivre en harmonie avec soi-même.

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  • Bonjour
    Quelles sont les marques éthiques dont tu parles ?
    Comment savoir si une marque est éthique ou non ? Et si oui, si elle l’est réellement ?
    Merci