Pourquoi la promenade à dos d’éléphant n’est pas sur ma bucket list ?

J’essaie le plus possible de voyager de manière responsable en ayant un impact positif sur les populations locales et minimal sur l’environnement et la biodiversité. Alors, évidemment la promenade à dos d’éléphant n’est pas sur ma bucket list. C’est évident pour moi, car je connais la triste réalité de cette activité populaire. Mais, je sais que beaucoup l’ignore.

Je suis convaincue que la plupart des touristes que j’ai vus monter à dos d’éléphant en Thaïlande et à Bali y aurait réfléchi à deux fois si elle connaissait la vérité. Ce n’est pas l’aventure d’une vie, si le prix à payer est celle de l’animal qui nous porte.

Alors, j’ai envie de vous expliquer pourquoi je refuse de monter à dos d’éléphant et ce qu’il est possible de faire à la place pour protéger ces majestueux pachydermes. Attention, il ne s’agit pas de faire culpabiliser qui que ce soit, mais de prendre conscience d’un problème majeur que beaucoup ignore. Il est important de comprendre que les promenades à dos d’éléphant contribue à alimenter un tourisme barbare.

Les éléphants sont menacés

Au début du 20e siècle, le monde comptait encore 100 000 éléphants d’Asie, mais leur nombre a chuté de plus de la moitié au cours des trois dernières générations. Il en resterait aujourd’hui 30 000 à l’état sauvage. Et ce nombre continue de dégringoler : l’éléphant d’Asie est inscrit sur la liste rouge des espèces en danger d’extinction.

Pourtant, si vous envisagez de voyager en Asie (Thaïlande, Inde, Indonésie, Birmanie, Sri Lanka…), vous avez de grandes chances de rencontrer cet animal magnifique. Vous avez déjà probablement vu sur Instagram des photos de treks à dos d’éléphant. Ce que vous ne savez peut-être pas, c’est ce qu’il se cache derrière ces activités touristiques prisées.

Un éléphant accablé par l’ombre noire du tourisme

Un rituel barbare est utilisé pour briser l’esprit de l’animal

Les éléphants sont des créatures timides et pacifiques qui apprécient la vie de groupe avec leurs congénères. Ils ne s’approchent pas de l’Homme et ne laissent pas les humains naturellement monter sur leur dos… Pour cela, ils sont capturés et torturés dès leur plus jeune âge. Ce dressage violent porte le nom de « phajaan » et vise à briser l’esprit et la nature sauvage de l’éléphant pour qu’il se soumette à l’homme.

La capture en milieu sauvage bien qu’illégale est largement répandue : des éléphanteaux de 2-3 ans sont violemment enlevés à leur mère qui sera probablement tué pour avoir tenté de le protéger. On estime que 4 éléphants adultes sont tués pour chaque bébé capturé en Asie.
Une fois capturé, l’éléphanteau est enfermé dans une minuscule cage et torturé avec un bâton crocheté jusqu’à qu’il se soumette aux dresseurs. La pointe du bâton est aiguisée pour parvenir à transpercer sa peau épaisse et sensible. Afin de briser psychologiquement l’éléphanteau et accélérer son dressage, il est privé de nourriture et de sommeil pendant plusieurs jours.

Ce rituel est tellement violent qu’un éléphant sur deux meurt durant le « phajaan »

L’éléphant a une excellente mémoire : il se souviendra toute sa vie de la souffrance qu’il a ressentie. C’est cette peur de l’Homme et celle d’être frappé aux endroits les plus sensibles de son corps qui assurent son obéissance. Les dresseurs apprennent aux éléphants des tours qu’ils feront jusqu’à leur mort : promener les touristes, jouer au football, mendier, peindre avec leur trombe… L’animal devient un objet de divertissement au prix de sa liberté et de sa vie.

La vie de ces éléphants n’est que solitude et souffrances

Contrairement aux apparences, le dos d’un éléphant est très fragile. Pour mieux comprendre le calvaire infligé à l’animal, je vous décortique ça sous la forme d’un problème mathématique :

  • Un éléphant ne peut pas supporter plus de 150kg sur son dos (bien que les femelles d’Asie puissent peser jusqu’à 5 tonnes).
  • La nacelle utilisée pour transporter les touristes pèse à elle-seule 100kg.
  • On peut observer entre 1 à 4 touristes monter sur le dos d’un éléphant à la fois (sans compter le dresseur).
  • Combien de temps un éléphant peut tenir à ce rythme ?

Quand ils ne travaillent pas, les éléphants sont enchaînés, mal nourris et stressés par l’absence d’interaction avec d’autres éléphants (catastrophique pour cet animal social).

Les éléphants en captivité vivent deux fois moins longtemps que dans la nature.

Les sanctuaires d’éléphants offrent aux animaux recueillis la chance de vivre le plus naturellement possible

Des sanctuaires éthiques pour observer les éléphants

Approcher et observer de plus près des éléphants de façon respectueuse tout en participant à leur conservation est possible. En Thaïlande, il n’y a plus suffisamment de terres pour les relâcher dans la nature, alors des organisations leur permettent de vivre dans de grands espaces naturels et ouverts avec d’autres éléphants, la nourriture appropriée et des soins vétérinaires.

J’attire votre attention sur le fait que de nombreux parcs prétendent être engagés pour la conservation des éléphants, mais il suffit de se renseigner un peu pour constater qu’il ne s’agit que de marketing pour attirer les touristes. Dans un « vrai » sanctuaire, les éléphants ne sont jamais montés et sont libres de faire ce qu’ils veulent, comme ils le feraient dans leur habitat naturel. La présence des voyageurs ne leur est jamais imposée. Renseignez-vous sur les conditions de vie et de traitement des animaux avant de réserver une activité.

📝 Je vous conseille de consulter la liste des sanctuaires à soutenir ou à éviter sur le site de Responsible Travel.

L’Elephant Nature Park, un sanctuaire pour éléphants dans le nord de la Thaïlande

En 2015, j’ai visité l’Elephant Nature Park dans la région de Chang Maï au nord de la Thaïlande. Ce sanctuaire pour éléphants agit comme une maison de retraite pour les animaux sauvés du tourisme. Ici, ni spectacle, ni promenade à dos d’éléphant. Il est possible de s’approcher des éléphants dans le parc et de les observer prendre leur bain, mais en petit groupe et avec un guide qui nous éduque au respect de l’animal. Au Elephant Nature Park, on croise aussi des chiens, chats et plein d’autres espèces, car l’objectif de l’organisation est de venir en aide à tous les animaux qui en ont besoin.

L’écotourisme peut-il sauver les éléphants ?

Soutenir les sanctuaires écoresponsables contribue activement à lutter contre le braconnage et la maltraitance animale, et à défendre la conservation des éléphants. D’ailleurs, plusieurs associations de défense des animaux soutiennent l’idée que l’écotourisme contribue à la préservation des éléphants et au dynamisme des économies locales.

Les pays d’Asie qui abritent encore des pachydermes à l’état sauvage pourraient délimiter de grandes zones protégées où les visiteurs auraient l’opportunité d’observer les éléphants dans leur milieu naturel.

Quoi faire pour lutter contre la maltraitance animale ?

La majorité des voyageurs qui participent aux treks à dos d’éléphants ou assistent à des spectacles n’ont pas conscience du problème. Ces activités dangereuses pour les animaux et les écosystèmes locaux prolifèrent grâce à l’argent du tourisme, mais des solutions existent :
  • Se renseigner sur les conséquences pour la nature et la biodiversité avant de réserver une activité
  • Préférer le tourisme éthique et soutenir des organisations qui luttent pour la conservation des éléphants
  • Sensibiliser à son niveau pour que le maximum de personnes ait conscience du problème
  • Refuser de participer à des activités non-respectueuses de la nature et des animaux
  • Si vous êtes témoin de maltraitance : prendre des photos et vidéos pour remonter les problèmes aux agences de voyage (les entreprises touristiques basées en France n’ont pas toujours conscience du problème) et partager les images sur les réseaux sociaux pour faire cesser ces violences

Au-delà de ces activités touristiques, c’est notre relation aux animaux que nous devons repenser. Ce ne sont pas des objets dont nous pouvons disposer pour notre divertissement, mais des êtres vivants, sauvages et dotés de sensibilité. Je voudrais conclure cet article qui me tenait à cœur avec une citation de Gandhi.

« On reconnait le degré de civilisation d’un peuple à la manière dont il traite les animaux. »

  — Gandhi

Source : étude Taken for a ride de l’organisation World Animal Protection

Pourquoi la promenade à dos d\'éléphant n\'est pas sur ma bucket list ? J\'ai refusé de faire un trek à dos d\'éléphant en Thaïlande. Je vous explique pourquoi. #voyageresponsable #slowtravel #maltraitanceanimale #bloggreen #blogueuseecolo #blogeusegreen

Author: Julie

J'espère que cet article vous a plu. N'hésitez pas à l'épingler sur Pinterest et à laisser un commentaire, j'y répondrai avec grand plaisir. Passez une belle journée ! ✨🌿

Leave a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *